Présentation et histoire

La maladie coeliaque ou intolérance au gluten est actuellement l’une des maladies digestives les plus fréquentes, mais elle demeure encore peu connue du grand public. La définition de cette maladie serait la suivante : entéropathie auto-immune induite par le gluten ou plus précisément par la prolamine (ensemble de protéines de stockage présentes dans les graines de céréales et qui possèdent une teneur élevée en proline et en glutamine, des acides aminés), qui est présente dans le blé sous forme de gliadine, dans l’orge et le seigle (sous une forme protéique apparentée, l’hordéine et la sécaline respectivement). Par ailleurs on sait qu’en plus de ces éléments déclencheurs, la manifestation de la maladie coeliaque est due à d’autres facteurs : prédispositions génétiques et anomalies structurales de l’intestin grêle. Elle provoque une atrophie villositaire (destruction des villosités de l’intestin grêle) et leur inflammation suite à une réaction du système immunitaire (confer page la réaction immunitaire : certaines cellules du système immunitaire endommagent les tissus sains en tentant de les détruires, les confondant avec un agent infectieux). Il s’ensuit une malabsorption des nutriments, en particulier du fer, du calcium et de l’acide folique.

 

Focus sur le gluten. La définition du gluten est la suivante : matière visqueuse qui reste gluten-structure-compositiondans la farine des céréales après qu’on en ait ôté l’amidon; il concourt à la fermentation du pain. C’est un composant hétérogène de la fraction protéique insoluble dans l’eau. Le gluten est composé principalement de gliadine et de gluténine. Ce sont ces protéines insolubles qui donnent à la farine des propriétés visco-élastiques, exploitées en boulangerie lors du pétrissage de la farine avec de l’eau et qui permettront à la pâte de lever lors de la fermentation. Le gluten a été décrit la première fois en 1742 par Giacomo Beccari, un professeur à l’université de Bologne. Le terme dérive du latin classique gluten « colle, glu, gomme ».

Structure de la gliadine

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Le seul traitement de la maladie coeliaque consiste à suivre un régime sans gluten strict et à vie qui empêche la réaction auto-immune, rétablit une villosité intestinale normale et par ce fait la bonne absorption des nutriments également. Il n’existe aujourd’hui, aucun traitement médicamenteux.

Attention, il ne faut pas confondre l’intolérance avec l’allergie au gluten qui mets en jeu des mécanismes immunitaires différents, en particulier les réactions à l’IgE (confer page intolérance ou allergie ).

La prévalence de la maladie coeliaque est de 1 pour 100 à 300 personnes en France et en Europe malgré quelques exceptions pour toute les formes de la maladie coeliaque confondues (confer page diagnostic de la maladie coeliaque).  La forme classique est elle de 1/2500. En France, seulement 10 à 20% des cas seraient aujourd’hui diagnostiqués, la plupart donc s’ignorent comme tel (modèle de l’Iceberg). La prévalence semble identique dans le continent nord-américain mais on observe un gradient décroissant nord-Sud dans le monde et est très rare en Asie et en Afrique sub-saharienne. Le sexe ratio est chez l’enfant, de 1H/1F et, chez l’adulte, de 1H/2-3F. Il faut préciser que la notion de cette importante fréquence de la maladie coeliaque est relativement récente, environ une vingtaine d’années, avant on pensait qu’elle était extrêmement rare.

Prévalence de la maladie coeliaque dans le monde

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La maladie cœliaque peut entraîner bon nombre de complications, notamment dans la forme classique où elles sont les plus fortes. Tout d’abord les premières conséquences qui peuvent apparaître sont liées à la malabsorption des nutriments: malnutrition (fatigue, amaigrissement, faiblesse musculaire, nombreuses carences), gonflement du ventre, cdsymptomscolorcroissance ralentie chez les enfants, anémie (mauvaise absorption du fer), ostéoporose (mauvaise absorption du calcium et de la vitamine D), augmentation des transaminases. De plus, des complications encore plus sérieuses peuvent apparaître : cancer du colon, de l’intestin grêle, de l’œsophage, de l’oropharynx, lymphomes malins, adénocarcinomes du gros intestin, infertilité inexpliquée, la dermatite herpetiforme, troubles neurologiques ou encore des maladies auto-immunes. En effet une corrélation a été observée entre la maladie cœliaque et d’autres maladies auto-immunes comme le diabète de type 1 (5% des cœliaques), un syndrome de Sjögren, une maladie d’Addison, une pathologie hépatique auto-immune, une cardiomyopathie.

Cependant toutes ces complications n’apparaissent pas si le régime sans gluten est parfaitement respecté !

L’histoire de la maladie coeliaque

La naissance de l’agriculture, il y a quelque dix mille ans au Moyen-Orient, bouleversa la vie des hommes et marqua la fin du nomadisme. En apprenant à cultiver de nouvelles plantes, à sélectionner différentes céréales, les stocker puis les commercialiser, les hommes se sédentarisèrent faisant des premières régions agricoles le berceau de la civilisation. Ils ont alors bouleversés leur alimentation et commencèrent à ingérer du gluten. Cette grande étape de l’évolution de l’homme qu’est la naissance de l’agriculture, entraîna irrémédiablement l’apparition de la maladie cœliaque. Jusqu’à ces 20 dernières années, les personnes cœliaques mouraient après avoir connues nombreuses complications.

En réalité, la maladie cœliaque a été nommée koiliakos (signifiant abdomen) au 1er siècle de notre ère par Arétée de Cappadoce, un médecin grec. Puis il faut attendre 1887 pour que le médecin britannique Samuel Gee qui est considéré comme le « père » moderne de la maladie coeliaque la décrive lors d’une conférence comme « une sorte d’indigestion chronique qui affecte des personnes de tout âge » et il supposa même « qu’un régime alimentaire inapproprié pourrait être l’une des causes de la maladie ». Le lien entre la maladie coeliaque et le gluten fut établi après la seconde guerre mondiale suite à des observations du pédiatre hollandais Willem-Karel Dicke entre la pénurie de pain et la mortalité des enfants au Pays-Bas et suite à des études sur les constituants du blé menées par son équipe.

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Samuel Gee (à gauche) et Willem-Karel Dicke (à droite)

3 réflexions sur “Présentation et histoire

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